15 avril 2024

Avortement en Afrique : Des défis face aux influences des conservateurs américains

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En Afrique subsaharienne, le nombre élevé d'avortements pratiqués dans des conditions dangereuses ou liés à des grossesses non désirées reste un problème majeur. Les femmes de cette région sont souvent victimes de maltraitance lorsqu'elles tombent enceintes hors mariage.

 

Malheureusement, les efforts visant à légaliser et à sécuriser les avortements en Afrique ont été entravés après l'annulation, il y a un an, du droit national à l'avortement par la Cour suprême des États-Unis. Cependant, certains pays africains ont décidé de dépénaliser l'avortement. Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a par exemple annoncé cette mesure pour protéger les droits des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive.

 

Malgré cela, certaines organisations américaines, telles que Family Watch International (FWI), ont intensifié leurs activités en Afrique. FWI, qualifiée de groupe haineux en raison de ses positions anti-LGBTQ+, de ses activités anti-avortement et de son intérêt pour l'Afrique, est une organisation chrétienne conservatrice.

 

Il convient de rappeler qu'il y a 20 ans, l'Union africaine a reconnu le droit à l'avortement dans des cas spécifiques tels que le viol, l'inceste, le danger pour la vie de la mère ou du fœtus, ainsi que lorsque la santé mentale ou physique de la mère est en danger.

 

Certains pays africains ont adopté des lois plus permissives concernant l'avortement. Par exemple, le Bénin a légalisé l'avortement peu de temps avant la décision de la Cour suprême américaine, tandis que le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, n'autorise l'avortement que lorsque la vie de la mère est en danger.

 

Selon l'Institut Guttmacher, plus de 6 millions d'avortements sont considérés comme dangereux chaque année en Afrique subsaharienne, représentant ainsi 77% de tous les avortements. Les avortements dangereux sont responsables de 16% des décès maternels dans cette région, selon l'Organisation mondiale de la santé.

 

 

 

 

 

Crédit photo : Radio Afrique Santé